Auteurs : © Benoît RAPHAËL et Stéphane ECHINARD

Stephane et SteeveCE QUE VOUS N’AVEZ PAS VU JEUDI SUR M6

Notre journée chez Steeve
(17 avril 2004)

Notre journée chez Steeve   // INTERVIEW : Steeve sans censure...

Le Rocker de «La Nouvelle Star» était de retour chez lui samedi 17 avril. Un voyage organisé par M6 pour les besoins d'un reportage qui sera diffusé jeudi 22. Nous y étions aussi. Retour sur une drôle de journée, de l'aéroport à un bar de Bourgoin, en passant par le barbecue familial devant la MJC de Montalieu. Ambiance rock et pogo, gentillesse et côtelettes d'agneau…

Article :
-10 HEURES: STEEVE ET LA GRAND-MÈRE À SAINT-GEOIRS.

Nous sommes arrivés en avance, à 9h15. Prévenus la veille au soir par Mike, le frère de Steeve. L'aéroport de Saint-Geoirs un samedi matin c'est ambiance famille norvégienne assise en vrac dans le grand hall vide, à l'heure du café et du nettoyage des toilettes.
9h40, la famille Estatof débarque un peu à la bourre. “On a dû attendre les cousins”, dit Franck, le papa. Il sourit. Rien de grave. L'avion de Steeve était prévu à 9h45. Finalement, ce sera 10h.
Derrière, toute la bande est au rendez-vous. Les parents, les deux frères Mike et Cliff, la petite amie de Steeve, plein de cousins dont un qui s'appelle Francis... et puis surtout les grands-parents, Maria, qui “adore Johnny Hallyday”, et Jean-Claude “le roi de la grillade”. Les fans de la première heure, ce sont eux. Depuis le début de l'émission, ils se rendent tous les jeudis soir sur le plateau de M6 avec leurs pancartes pour encourager leur petit-fils. Fiers de lui aujourd'hui, comme ils l'étaient avant, lorsque Steeve rameutait les gendarmes en jouant de la guitare sur la place du village. “Dans la famille, on est tous musiciens”.
- 10h10, il est là. C'est d'abord un grand bonnet qu'on aperçoit de loin. Un bonnet blanc avec des rayures bleues. “Il le porte depuis qu'il est tout petit”, sourit Maria. Sous le bonnet, il y a Steeve avec son jean troué et son pull cradingue accroché à la taille. L'air pas réveillé mais alors pas du tout. Autour de lui, une caméra, un micro géant, et un photographe. M6 a demandé à la famille d'accueillir l'enfant du pays avec des pancartes en criant “allez Steeve”. Ils ont refait la scène deux fois. “Pas assez de pancartes” qu'ils ont dit. Pas assez de cris. Alors ils l'ont refaite, en riant. “Si ça peut servir à Steeve...”
Deuxième prise: “STEEVE! OUAAAIIS STEEVE, ALLEZ STEEEEEVE”. Un groupe de jeunes vacanciers danois passe juste devant. Ils ne connaissent pas la future nouvelle star, mais bon, c'est la fête, ils s'y mettent eux aussi: “Steeve! Steeve!” Trois mètres plus loin, Bernard de la Villardière mange un Mars. Aucun rapport avec Steeve. Il est là par hasard. Le présentateur de «Zone interdite» est venu dans la région en vacances et a pris le même avion. Il se passe vraiment des trucs incroyables à Saint-Geoirs... On devrait venir plus souvent.


-12 HEURES: STEEVE ET LE MAIRE À MONTALIEU.

C'est peut-être ça, qu'on appelle un bon gros contraste. Imaginez une mairie, en face de la place du marché. Et puis après, imaginez la même mairie avec des gamins qui courent, des filles avec des pancartes qui crient , des jeunes avec des cheveux longs, un pot à l'Orangina et aux chips, des anciens jeunes, un maire qui parle de rock, et enfin un rocker, “enfant du pays” devenu “enfant de la télé”, avec la guitare, sans micro. Voilà: bienvenue à Montalieu.
Avant M6, personne n'a vraiment aidé la famille Estatof mais maintenant que le grand passe en prime-time, on lui laisse même chanter du Nirvana debout sur une chaise. Et tout le monde est content. Même les mamies tapent dans leurs mains sur «Anarchy in the UK» des Sex Pistols. “Je suis un anarchiste, je suis un antéchrist”, allez mamie! La télé, c'est magique…


-14 HEURES: STEEVE ET LES SAUCISSES À JEAN-CLAUDE.

Jean-Claude, c'est le fil rouge de la journée. C'est le grand-père de Steeve et aussi le champion du nord-Isère catégorie “barbecue devant la MJC”. C'est donc là-bas, toujours à Montalieu, que la famille Estatof a invité tout le monde, la famille, les proches, les journalistes, les pas journalistes, les potes à Francis, les connaissances à Michel, à Jean-Michel, etc. “C'est la première fois que la mairie prête cette salle”, sourit un membre de la fratrie. Et c'est sûrement la première fois qu'on y fait des grillades juste devant. En cas de pluie, le grand-père avait même pensé les faire dedans. Mais pas besoin.
Les grillades, les saucisses à Jean-Claude, vous les verrez sûrement jeudi soir sur M6 puisque l'équipe de télé a filmé le “grand papa” au charbon. “Alors là, je fais des grillades”, qu'il a dit aux caméras. “C'est les grillades à la Steeve”. Steeve, il aime beaucoup l'agneau, apprend-on.
Dedans ça mange. Mais c'est cool. Personne ne bouscule vraiment la vedette mais c'est normal parce qu'ils l'ont tous vue “quand il était grand comme ça”. Le garde du corps est au chômage technique. Il va donc lui aussi manger ses grillades. Chouette !


-18 HEURES: L'AMPLI DANS LE COFFRE (MAIS PAS STEEVE).

Ce qu'il y a de bien avec la famille Estatof, c'est qu'ils sont tous gentils. Et c'est même mieux que ça. Au bout de trente minutes, la grand-mère nous prend dans ses bras en nous disant qu'on est ses “nouveaux petits-fils”, le père nous raconte des blagues, Steeve vient bavarder avec nous. Et Mike, le frangin, nous confie même une mission: aller chercher un ampli chez Seb, à Porcieu, lui trouver une place dans un coffre où c'est vraiment le bordel. Et suivre Mike et Seb à Bourgoin, en hurlant, sur le chemin, le «Antisocial» de Trust. Voilà, ça y est: on se la pète, on est des rockers puisqu'on transporte du matos. Yes !

-23 HEURES: UN CONCERT DE DOIGTS TENDUS À BOURGOIN.

Le bar s'appelle «La Folatière». C'est plutôt cool comme endroit, même si c'est en face de l'hôpital. “Là, mon gars, y a toujours des concerts fantastiques”, explique Franck. “C'est pas un peu petit ?”, qu'on lui dit. “C'est du rock”, répond Franck.
Là-bas, le pichet de bière est à neuf euros. Les frites sont bonnes, pas trop grasses. Mike et Cliff avaient essuyé un refus la dernière fois. Mais là, puisque Steeve sera sur scène avec eux, plus de problème. Enfin, ça, c'est vite dit. Parce que le rocker, s'il a souvent les cheveux longs, il a aussi la mémoire courte. Et l'ambiance était plus électrique qu'acoustique à trente minutes du concert. “L'autre, là, il a rien à foutre ici !”, a-t-on entendu çà et là. Parce que la télé a ce pouvoir de tout écraser. Même les quinze ans de galère de Steeve, devenu “le type de la télé venu faire le malin”, on en passe, et des pires encore…
Quand les frangins sont “montés” sur scène avec leur pote Seb, suivis par les caméras, ils ont donc été accueillis par deux ou trois doigts tendus. “Deux ou trois ? Tu veux dire quinze ou vingt”, rigolait Cliff après le concert. N'oublions pas les sifflets, les “elle est où la starlette ?” et les bousculades.
Steeve l'avait dit à ses proches la veille: il craignait un peu tout ça. La mise en scène, le côté artificiel, à mille lieux de son état d'esprit. “Nous on ne changera jamais”, assurait Franck à la fin du concert. “Et Steeve non plus. C'est le regard des autres qui change, c'est tout”.


Signatures :

Stéphane ECHINARD
et
Benoît RAPHAËL



Steeve et Benoît INTERVIEW : Steeve sans censure...
(29 avril 2004)

Notre journée chez Steeve   // INTERVIEW : Steeve sans censure...

Steeve, il y a quelques semaines, tu nous avais dit qu’après Nirvana, tu t’attaquerais à Sylvie Vartan. C’est chose faite…
(IL rit), Oui, c’est moi qui ai proposé cette chanson. Je suis content qu’ils l’aient acceptée. Sylvie Vartan, ça c’est rock’n’roll ! Mike Patton des Faith No More fait ça aussi. Ou David Lee Roth, avec « Just a gigolo ». C’est décalé, marrant. C’est un truc de ouf en fait! Tout le monde m’attend sur du rock, et moi je leur sers « Comme une cigarette » de Sylvie Vartan ! C’est quelque chose que j’ai toujours fait sur scène. Dans les concerts de trash métal, ils sont tous là avec leurs cheveux longs et toi tu débarques déguisé en Rudolph Valentino avec une petite moustache, et tu leur joues un morceau complètement disco ! Moi, ça m’amuse…
La semaine dernière, tu paraissais complètement épuisé. Ça va mieux ?
Ça va, j’ai la pêche, même si j’ai quelques problèmes de voix. J’ai pris froid. Mais je suis en train de récupérer.
Trop de chansons à répéter pour le prime?
Non, au contraire. J’aimerais justement avoir plus de temps pour travailler. Ce qui est fatigant, c’est de faire toutes ces sorties qui ne servent à rien, comme aller faire le con dans les manèges.
Tu veux parler du concert à Disneyland Paris ?
Ouais ! Chez Mickey l’enflure ! (Il rit).
Et ton voyage à Montalieu, dans ta famille, organisé par M6 ? Avec ce concert à midi à la mairie, puis à Bourgoin le soir, sans pouvoir faire de balance ni répéter. Tu avais l’air épuisé. Tu n’avais pas super envie d’y aller, non?
Ils m’ont dit : tu y vas ? Je leur ai répondu comme ça (il prend un air super énervé): Ouais, j’y vais ! J’y vais ! J’ai dû dormir une heure le vendredi soir. J’étais complètement à l’Ouest toute la journée. Moralement, ça m’énerve. C’est ça qui m’épuise. J’étais content de revoir ma famille à Montalieu, c’est vrai, mais ça me soûlait de revenir chez moi avec les caméras au cul. J’étais crevé, j’aurais préféré passer mon week-end à bosser mes chansons. « No woman no cry » de Bob Marley, je l’ai fait à l’arrache. J’étais crevé, j’avais pas eu le temps de répéter comme je voulais. J’ai inventé la moitié des paroles ! J’étais super énervé ce jeudi. A la limite, j’étais même assez content de péter le micro sur scène.
Ça s’est passé comment d’ailleurs?
Je l’ai tapé sur ma jambe comme ça (il mime le geste). Et il s’est cassé !
A Montalieu, dans ta famille, tu n’étais plus le cousin ou le neveu, mais déjà une star. Tout le monde te demandait des autographes. Ça fait bizarre. Tu n’as pas peur de perdre cette simplicité qui régnait entre toi et ta famille ?
C’est vrai que c’est gênant de voir mes petits cousins qui me prennent pour une star. Je ne me considère pas comme une star, je le serais peut-être dans quelques années. J’espère que je parviendrai à préserver ce naturel dans ma famille, les mêmes relations qu’avant. Quand tout sera fini, j’irais boire le pastis avec mon grand-père, tranquille.... On parlera des femmes !
Maintenant que la fin de l’émission approche, la pression doit être plus forte. Arrives-tu toujours à vivre l’instant présent, comme au début ? Ou es-tu devenu plus calculateur ?
J’ai la même philosophie qu’au début. Mais c’est vrai que plus j’avance, plus j’ai envie d’aller loin. Ce qui m’importe aujourd’hui, c’est de faire un disque. L’émission c’est la vitrine qui me permettra de faire cet album. Et il sera ce que je veux en faire, c'est-à-dire un mélange de punk-rock, des Guns’n’Roses et de Nirvana. Je ne ferai pas un disque qui ne me plait pas. Je fais des concessions aujourd’hui, parce que c’est la vitrine. Après, je ne ferai plus d’efforts.
Que fais tu le soir quand tu rentres à l’hôtel ? Sors tu un peu ?
Je suis invité partout par la Jet Set, dans des tas de soirées branchées ! Mais je refuse systématiquement. Je n’aime pas cette ambiance, ce n’est pas mon milieu. Non, ce soir, je vais juste me boire une bière et fumer un joint… (il rit).
Tu reviendras vivre à Grenoble ?
Oui, mais plutôt à la montagne. J’aimerai pouvoir me payer un chalet. C’est ça mon univers : le rock et la campagne…

Propos recueillis par Benoît RAPHAËL

 

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